Psychanalyse et hypnose, volet 3

Nouvel épisode de mise en perspective de l’hypnose éricksonienne et de la psychanalyse…

  • L’exploration. La psychothérapie passe souvent par une phase d’exploration, notamment pour chercher quels sont les blocages et pourquoi ils sont là. L’exploration de la psyché n’est pas ou plus l’apanage de la psychanalyse. Loin des clichés autour d’une hypnose purement comportementaliste, l’hypnose contemporaine ne se contente plus de proférer des suggestions directes. Au contraire, il s’agit plutôt d’inviter le patient à explorer ses ressentis par lui-même et de s’ouvrir à ses sensations (corporelles) et leurs liens aux émotions.

  • La mise en place de rituels permettant l’expression de l’inconscient. La psychanalyse et l’hypnose proposent des dispositifs permettant au matériel inconscient d’avoir un espace au sein duquel il va pouvoir « émerger ». Le surgissement d’idées et de concepts auxquels le patient va se familiariser va l’inciter à s’intéresser au langage de l’inconscient et aux conditions de sa libre expression. Le thérapeute n’est pas celui qui sait mais celui qui facilite la ritualisation de l’expression des contenus psychiques.

  • Apprivoiser ses émotions en essayant de cesser de lutter contre ces dernières. Les patients qui viennent consulter ont souvent un problème avec leurs propres émotions : colère, tristesse. Quelque chose d’émotionnel s’exprime en eux qui vient les décontenancer, voire les déranger, avec souvent des phénomènes de refoulement et de déplacement ou de « symptômisation ». Ni la psychanalyse ni l’hypnose ne prétendent faire disparaître les émotions, elles proposent plutôt d’écouter les messages que ces dernières véhiculent.

  • Accepter de lâcher. En hypnose comme en psychanalyse, il est nécessaire de lâcher : lâcher prise, accepter de parler de soi et se « livrer » mais aussi lâcher ses schémas et avancer vers le fait de lâcher son symptôme. Il s’agit aussi de lâcher dans une perspective que la psychanalyse qualifierait d’anale : lâcher son argent, lâcher certaines relations. Toute cela passe par un certain renoncement qui peut ne pas être simple car le patient peut avoir l’impression que son intégrité est d’une certaine manière menacée par ce lâcher-prise, qui passe concrètement par le fait de fermer les yeux ou de relâcher sa posture et sa manière de parler par exemple.

  • La nécessité pour le thérapeute d’avoir effectué un travail sur lui-même. La psychanalyse didactique est requise pour devenir psychanalyste. Pour l’hypnose éricksonienne, il n’existe pas de procédé ainsi établi cependant cela paraît évident qu’il est nécessaire que le thérapeute ait effectué un travail d’exploration de sa propre psyché afin de prétendre aider des patients. Ce travail évite notamment les projections qui pourraient déclencher un certain nombre de réactions inappropriées voire inopportunes dans le rapport aux patients. Il s’agit par ailleurs pour le thérapeute de comprendre en le vivant lui-même comment on apprend à connaître ses schémas de fonctionnement et à créer l’espace pour se permettre de s’épanouir.

  • Le caractère infini du travail sur soi-même. Si l’on dit souvent que l’hypnose éricksonienne fait parties des thérapies brèves, contrairement à la psychanalyse, il ne faut pas pour autant en déduire que le travail sur soi-même à une fin. L’exploration de la psyché est un processus complexe qui pourrait être quasi-permanent et en tout cas vaut le coup d’y revenir régulièrement et ceci au long cours, quelque soit le modus operandi choisi. Les psychanalystes mettent souvent l’accent sur les limites de l’auto-psychanalyse, ou auto-analyse. Néanmoins l’auto-hypnose, pratiquée en toute modestie et sans attentes disproportionnées, permet une certaine autonomie entre les moments d’accompagnement par un thérapeute.

Au final, il semblerait que la psychanalyse et l’hypnose puissent s’enrichir l’une de l’autre, en ouvrant les débats...


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