Moi sans tabac

Prenons l’histoire de Monique, 47 ans, qui fume depuis ses 16 ans. Cela fait plusieurs années qu’elle souhaite arrêter la cigarette. Elle a essayé à plusieurs reprises de stopper seule, sans succès durable. Ces tentatives avortées lui ont selon ses propres mots laissé un goût amer, comme si elle « manquait de volonté » ou que « ce n’était jamais le bon moment ». Elle a testé les patchs, les chewings gums, plus récemment la cigarette électronique et même dans un tout autre registre la randonnée en haute montagne qui l’a confrontée aux limites de son souffle.

Monique choisit de recourir à l’hypnose suite aux conseils de proches et moins proches, qui connaissent ou ont entendu parler de « quelqu’un qui a arrêté la cigarette en une seule séance ». Naturellement, Monique demande donc à l’hypnothérapeute d’être « dégoûtée à jamais du tabac ». Cependant, après quelques minutes, elle ajoute qu’elle aimerait être capable de ne fumer que quelques cigarettes, dans des situations festives exceptionnelles.

La suggestion d’un dégoût implique d’utiliser une hypnose plus ou moins directive, allant droit au but. Il faut cependant pour cela jongler avec les éventuelles résistances du patient. Monique, du haut de ses 47 ans, n’aime pas qu’on lui dise quoi faire et ne pas faire. Elle préfère avoir l’impression de choisir plutôt que d’être choisie, de décider de changer plutôt qu’on lui demande de le faire. Il va donc s’agir de l’accompagner dans l’interrogation de ses croyances et de ses besoins profonds, pour quelle parvienne à trouver des compromis acceptables pour les différentes parties d’elle-même, et ceci dans la diversité de circonstances que la vie peut présenter.

L’arrêt de la cigarette comme de toute autre substance à laquelle on a tendance à s’accrocher implique un deuil ; le deuil du produit et de ses « avantages » mais aussi le deuil de la personne que l’on était lorsque l’on consommait ce produit. Monique a peur de manquer, d’être trop nerveuse, moins conciliante, d’avoir besoin de compenser en mangeant trop. Elle a du mal à projeter sa motivation sur le long terme. C’est là que la lassitude peut aider : lassitude de soi-même, lassitude de se confronter toujours aux mêmes impasses, ceci nourrissant une envie d’ « autre chose ». Sur son écran mental, Monique voit défiler bons et mauvais moments liés à la cigarette. Elle perçoit des sensations diffuses. Des mots lui viennent en tête, faisait écho aux paroles de la thérapeute.

L’hypnose implique un certain lâcher-prise, une envie de se laisser bercer par le son de la voix de la thérapeute, de se faire « emmener » en soi-même, au coeur de son imagination et du défilé de pensées un peu détachées du quotidien. L’enjeu est de taille, il s’agit de se reprogrammer non comme un ordinateur mais plutôt comme l’on détricoterait un réseau de connexions pour tisser une nouvelle trame, au jour le jour, avec de nouveaux automatismes plus adaptés à ses envies de long terme.

A la fin de la séance, l’hypnothérapeute demande à Monique d’entériner sa décision d’arrêter de fumer par un geste hypnotique de son choix. Une bonne manière de se mesurer à ses résistances mais aussi d’ancrer un acte dans le corps. La suite ? Seule l’avenir nous le dira, mais Monique sort ragaillardie de la séance, détendue et plus motivée que jamais à avancer dans sa vie, bien décidée à se libérer de tout ce qui pollue son chemin et son corps. Il aura fallu cinq séances pour que Monique se sente libérée du tabac et apaisée par rapport aux pensées et aux envies qui peuvent surgir dans la vie quotidienne, notamment dans des circonstances où elle aurait autrefois allumé une cigarette. Pour maintenir ce résultat, Monique continue à pratiquer l’autohypnose régulièrement, il parait même qu’elle y ait pris goût…


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